J’ai commencé ma carrière en tant que cameraman en Israël et en Palestine en couvrant la violence des rues dans la bande de Gaza et sur la rive occidentale. C’était fascinant de suivre le déroulement de ces évènements dans les journaux télévisés internationaux. Cela dit, le conflit était déjà entamé quand je suis arrivé sur le terrain et le grand public avait déjà des opinions bien établies sur le conflit.
En Afghanistan quelques années plus tard, j’ai été confronté au même dilemne : la difficulté de trouver une explication aux évènements en s’attachant plus profondément au contexte historique du conflit. Je voulais en savoir plus. Je voulais comprendre comment de jeunes hommes dans ces situations finissaient par tuer, convaincus par leurs chefs.
Le conflit en Côte d’Ivoire semblait être un très bon exemple pour commencer. Malgré un cessez le feu fragile, beaucoup dans la communauté internationale craignaient que cette situation puisse se transformer en un autre Rwanda. C’était un exemple spectaculaire d’un conflit expliqué par les médias comme une dispute plutôt religieuse entre les musulmans au nord et les chrétiens au sud. Cependant, la réalité était toute autre. Le simple fait que le chef des rebelles du nord était chrétien avait été négligé par tous les reportages, qui décrivaient le conflit comme « religieux ».
Le personnage principal du film, Charles Blé Goudé, est jeune, charismatique, a reçu une éducation occidentale et est proche du président. Goudé a repris la formule des U.S.A. dans la lutte contre le terrorisme. Pour lui, le coup d’état dans son pays était son «11 septembre », les rebelles étaient les « terroristes » et lui et ses camarades étaient les « patriotes ». C’était comme s’il utilisait les reportages étrangers qui expliquent un conflit et que par la suite il les remaniait avec son propre langage pour influencer son public.
En faisant ce film, j’ai répondu a beaucoup de mes questions. Je ne suis pas un journaliste connu, ni un présentateur de télévision, ni un homme politique, ni un activiste. Mais, avec ce film, j’espère donner aux gens une nouvelle perspective pour comprendre le conflit. On peut peut-être créer une nouvelle sorte de dialogue, une nouvelle façon d’interpréter, une alternative aux médias quotidiens bien souvent trop simplistes pour expliquer la réalité de ces situations.
C’est ce que j’essaie de faire et ce que je continuerai à faire aussi longtemps que les gens seront intéressés.
Nigel
contact : nigel@walkerfilm.com
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